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Entretien avec Laurent Morice

Alors que les premières aires d’étapes et de services Camping-Car Park ont vu le jour, Esprit Camping-Car est allé à la rencontre de Laurent Morice, co-fondateur du réseau, pour faire le point sur ce service… révolutionnaire!

Esprit Camping-car : Bonjour Monsieur Morice, les deux premières aires d’étapes et de services Camping-Car Park viennent d’ouvrir à Nantes et à Vannes. Savez-vous déjà si elles rencontrent du succès auprès des camping-caristes ?

Laurent Morice : Pour le moment, celle de Vannes connaît plus de succès car elle était déjà connue des camping-caristes depuis 2007. La seule différence, c’est qu’elle est aujourd’hui ouverte sur toute l’année. Celle de Nantes connaît en revanche un succès plus mitigé car elle est toute nouvelle. Mais je suis sûr que d’ici peu, elle fonctionnera à merveille car elle dispose d’atouts fantastiques ! Elle est située en plein cœur de Nantes. Et le tramway passe juste à côté, ce qui est un vrai plus pour visiter la ville sans avoir les côtés négatifs (embouteillages, stationnements etc.) Aussi, quand on connaît le prix du m2 dans le centre-ville de Nantes et que l’on sait que notre aire est accessible pour 12€ la journée, ça peut en faire pâlir certains. C’est presque de la démesure!

ECC : Vous avez donc eu de bons retours ?

L.M. : Oui. Les camping-caristes trouvent le concept intéressant. Ils nous interpellent même sur le fait qu’il n’y ait pour le moment que deux aires d’ouvertes. Mais d’autres vont suivre en 2012.

ECC : Comment vous est venue cette idée de créer des aires d’accueil pour camping-car ?

L.M. : Tout a commencé par une rencontre entre Corinne Bruel et moi-même. Nous étions tous les deux gérants de camping. Et ils nous arrivaient d’utiliser le camping-car pendant nos vacances. Nous nous étions dit : « Quand nous aurons du temps, il faudrait qu’on règle la question de l’accueil des camping-caristes ». Du coup, quand nous avons vendu nos établissements, nous nous sommes attaqués à cet épineux dossier. Avec nos camping-cars, on a enquêté pendant un an pour connaître les attentes des camping-caristes en matière d’accueil et de stationnement. Nous en avons interrogé près de 500. 63% d’entre eux nous ont déclarés être insatisfaits de la manière dont ils étaient accueillis. Ils souhaitent une solution entre l’emplacement de camping de 80m2 qu’ils n’utilisent pas et la place de parking, sale et confinée. Car les camping-caristes mettent souvent beaucoup d’argent dans leur camping-car et ils sont ensuite traités comme des mal propres quand ils débarquent quelque part. C’est injuste. Nous avons aussi rencontré des élus, qui sont de plus en plus interpellés par des électeurs  mécontents, qui protestent contre la gratuité des aires municipales, alors même que les taxes foncières augmentent presque partout. Et je ne parle même pas des bornes qui sont détruites ou des aires qui ressemblent à des dépotoirs. En créant Camping-Car Park, nous avons en fait voulu respecter trois attentes fondamentales et compréhensibles : celle des camping-caristes, celle des élus, et celle des gérants de campings.

« L’objectif étant d’ici 5 ans d’avoir 3000 aires de services en Europe, accessibles avec une même carte.»

ECC : Vous avez présidé le réseau Camping Qualité pendant près de dix ans. Cela vous a t-il conforté dans l’idée que les camping-caristes avaient besoin d’une offre adaptée ?

L.M. : Oui, c’est sûr ! Quand on travaille sur la qualité, cela veut dire que l’on accorde énormément d’importance à la satisfaction du consommateur. Quand on s’est intéressé au « Dossier camping-car », on ne pouvait pas ne pas aller à la rencontre des camping-caristes pour sonder leurs attentes. Nous avons donc pris la route avec notre camping-car…

ECC : Vous êtes-vous même camping-cariste. Depuis combien de temps ?

L.M. : Cela fait un an et demi que nous en avons acheté un. Avant, on en louait, ou on en empruntait à la famille. Car nous n’avions que très peu de temps pour nous….

ECC : Cela a t-il contribué à changer votre vision du camping-car ?

L.M. : Oui, car contrairement à ce qu’on imagine souvent, du moins du côté des gérants de camping, les camping-caristes ne sont pas des gens qui ne veulent pas payer. Ceux-là ne représentent que 20% d’entre eux. Il y en a aussi 17% d’entre eux qui se contentent d’aller au camping. Les 63% restants veulent simplement un juste prix et une juste prestation, dans un endroit qui correspond à leurs attentes. Et tout comme moi, ils ne voient pas pourquoi leurs enfants paieraient quand ils partent en camping avec leur tente igloo et eux, ne paieraient pas alors qu’ils sont plus confortablement installés dans la vie. C’est normal qu’il y ait une taxe de séjour.

«  Les camping-caristes souhaitent une solution entre l’emplacement de camping de 80m carré qu’ils n’utilisent pas et la place de parking, sale et confinée »

ECC : Que pensent les professionnels de l’Hôtellerie de plein air de la solution que vous proposez aux camping-caristes ? 

L.M. : Ce sont peut-être eux les plus difficiles à convaincre car ils n’ont jamais vraiment compris les attentes de cette clientèle un peu volatile. Mais il faut voir aussi que jusqu’ici, ils n’avaient pas l’outil pour y faire face. Ils vont désormais pouvoir prendre le problème à bras le corps car nous leur proposons des technologies modernes, qui peuvent satisfaire toutes les parties.

ECC : En parlant de technologie, comment se passe l’actualisation des données concernant les places libres dans les aires Camping-Car Park?

L.M. : (Rires) C’est une toute nouvelle technologie qui nous appartient mais que nous sous-traitons à une société informatique. Le système permet de collecter des infos sur les camping-cars qui entrent et sortent de l’aire et de la mettre en ligne, via notre site Internet, dans les deux minutes… C’est un outil formidable !

ECC : A l’avenir, comptez-vous ouvrir des aires Camping-Car Park ailleurs qu’aux abords des campings?

L.M. : Bien sur, on va en ouvrir ailleurs ! Il faut avoir en tête que la majorité des camping-caristes ont plus de soixante ans. Une fois qu’ils posent la maison qu’ils ont sur le dos, ils n’ont donc plus de véhicule. Nos aires doivent donc être à moins d’un kilomètre des centres d’intérêts que sont les plages, les centres-villes, les rivières etc. Nous discutons donc avec un certain nombre de collectivités territoriales, qui sont très intéressées.

ECC : Pouvez-vous nous en dire plus sur les prochaines aires qui vont ouvrir en 2012?

L.M. : La seule chose que je peux vous dire, c’est qu’il y en aura au moins une dans toutes les régions. Une trentaine d’aires sont aujourd’hui validées à plus de 90% et d’autres devraient suivre. Il y en a même une qui va ouvrir dès l’an prochain en Espagne. L’ouverture au marché européen se fera en revanche de manière structurée à partir de 2013. L’objectif étant d’ici 5 ans d’avoir 3000 aires de services en Europe, accessibles avec une même carte. Les camping-caristes rêvent d’avoir un seul et unique outil pour voyager partout en Europe. Voire plus loin même. On a déjà des demandes de pays extérieurs à l’Europe comme le Maroc…

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1 réponse

  1. marc dit :

    12 euros vous parlez de révolutionnaire?
    Ces aires n’apportent rien de plus.
    En comparaison les fédérations ont trouver des accords avec beaucoup de campings pour avoir bel emplacement, douche chaude et autres commodités pour moins de 9 euro… donc 12 euros pour du bitume et une barrière franchement on rigole.
    Seule remarque c’est les municipalités qui renforcent les mesures répressives, réduisent les emplacements et augmentent les prix… au même moment que la concession à cette société.
    Un rappel l’autocaravane est un véhicule de tourisme qui peut stationner sans discrimination partout où c’est autorisé aux voitures. Les aires arrangent les.communes pour ne pas être encombrées et les camping caristes qui peuvent déballer. Si cet arrangement de bon sens devient un buisness pour une société privée, si on nous prends pour des vaches à lait, on retrouvera notre droit et liberté de stationnement.

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