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Contrôle technique 2018, les pièges à éviter

À partir du 20 mai prochain, le contrôle technique des véhicules particuliers va évoluer et se renforcer pour s’harmoniser avec la procédure européenne. Bien sûr, nos camping-cars sont concernés alors voici les éléments clés à connaître pour rester…sereins !


Texte et photos : Marc Alias

Ici aussi, les tarifs ont augmenté de 65 à 74 € pour les Véhicules légers (VL) au 1er Mars ou au 1er janvier en général avec d’autres sempiternelles augmentations dont les taxes sur les carburants ! Comptez 80 € pour un camping-car VL ou un 4×4. La folle rumeur parlait de 100 à 120 € et c’est pourquoi les contrôles techniques (CT) notent une demande gonflée de 25 % avec de nombreux CT en avance mais toujours valables que 2 ans…

Directive à transposer obligatoirement…

En effet, une nouvelle directive européenne de 2014, stipule entre autres choses, que le nombre de défauts ou plutôt désormais, de défaillances possibles doit passer de 410 à 610 dont 470 pouvant entraîner une contre-visite partielle dans les deux mois ou totale au-delà de ce délai, comme aujourd’hui.

Cette évolution de la nomenclature des points de contrôle s’accompagne donc de 200 nouvelles défaillances potentielles pour harmoniser les contrôles techniques (CT) en Europe et bien sûr, lutter contre l’insécurité routière. En effet, l’argument massue reste de réduire de 50 % (!) de nombre de tués sur les routes d’ici à 2020.

En complément, les éventuels défauts EOBD, à lire via la prise du même nom, seront consignés sur le PV du CT  s’ils  concernent le système de dépollution du véhicule. Ici, sur cette chaîne de mesure Capelec récente, le recueil de toutes les données de mesure (suspensions, géométrie, freins, pollution, réglo-phares etc.) et celles du lecteur EOBD  CAP 4250 sont automatiques et sans fil (Bluetooth).

Côté PL

Au-delà des 3t500, ce sera vite vu : on a aussi des changements mais globalement à la baisse !

Ainsi, on aura 11 fonctions contrôlées au lieu de 12, 193 points de contrôle contre 306 aujourd’hui et 811 défaillances potentielles à la place des 1451 actuelles.

Côté VL, moins de 3t5.

En plus des 140 défaillances mineures (sans contre-visite) et des 341 majeures, qui donnent lieu à une contre-visite, une troisième catégorie arrive : les 129 défaillances critiques. Ce nouveau niveau de gravité qui caractérise les défaillances constituant un danger immédiat pour la sécurité routière ou pour l’environnement, donnera lieu à un troisième type de résultat sur le compte rendu ou PV du CT : « défavorable pour défaillances critiques ». Dans ce cas, votre CT sera caduque le jour même à minuit mais vous disposerez toujours de deux mois pour une contre-visite partielle des réparations : Une mesure déjà en vigueur pour le CT des poids-lourds !

Pour les VL, on passe à 133 points de contrôle au lieu de 123 pouvant donner lieu à 610 défaillances possibles contre 410 aujourd’hui à cause des nouvelles défaillances critiques. Bien sûr, ces chiffres sont différents dans le cas des véhicules GPL, hybrides ou électriques.

Notez que parmi toutes ces augmentations figure une seule baisse, celle des fonctions contrôlées qui passe de 10 à 9 !

Quoi de neuf ?

Sur un camping-car, le CT concerne tous les ouvrants comme la porte de la cellule et d’autres équipements absents (marche pied électrique, store…) sur les voitures. C’est pourquoi ici, le CT est facturé 10 € de plus mais sans augmentation spéciale le  20 mai 2018 !

Finalement, pas grand-chose hormis une durée de contrôle allongée de 15 % comme son tarif donc et l’apparition des défaillances critiques. Pour ces dernières, il convient de rappeler une information oubliée mais toujours présente au dos du PV du CT : ‘’ La visite technique d’un véhicule n’exonère pas son propriétaire de l’obligation de maintenir le véhicule en bon état de marche et en état satisfaisant d’entretien conformément aux dispositions du code de la route’’.

Défaillance critique, en pratique.

Contrairement à la rumeur, en cas de défaut critique avéré sur votre compte rendu ou PV du contrôle technique, celui-ci sera caduque dès le lendemain. Par conséquent, vous êtes passibles de la même amende de 135 € ou 90€ si paiement immédiat, qu’aujourd’hui pour CT non valable. Aucune interdiction de rouler donc et il faut savoir qu’aucun contrôleur technique n’a le pouvoir d’immobiliser un véhicule : Seules les forces de l’ordre le peuvent.

Rassurez-vous, la liste des défaillances critiques ne concerne que de rares avaries gravissimes et immédiatement dangereuses pour la sécurité ! Exemple : disques de freins cassés, plaquettes absentes ou roues desserrées !!

Sachez que l’on appelle défaillance critique, certains défauts avec risque grave et immédiat comme l’absence de liquide de frein (donc de freinage !), un disque de frein cassé (!), une usure très importante des plaquettes de frein, leur mauvais montage voire leur absence (sic!), un déséquilibre du freinage d’un essieu supérieur à 50 %, des feux de signalisation (Stop) hors service, un siège conducteur mal fixé, un essieu fêlé (!!), un volant de direction non fixé (sic!), l’absence d’une partie du pare-brise, une mauvaise fixation des roues, une fuite de gaz d’échappement dans l’habitacle, une absence de plancher, des rapports de vitesse impossibles à enclencher, des ancrages de ceinture de sécurité arrachés, un système d’échappement pouvant tomber sur la route (!!) et autres cas aussi gravissimes que rares.

Curieusement non répertorié officiellement comme une défaillance mais signalé au propriétaire, ce van de 2012 et 75 000 km montre pourtant un affaissement total des lames de ressorts arrière : les butées de suspension sont en contact même à vide ! Perte de confort, secousses et tenue de route dégradée au menu sans la solution des renforts pneumatiques arrière bien connue. Notez enfin que conformément au code de la route, même si le procès-verbal de contrôle technique est d’un avis favorable et sans contre-visite, toute défaillance même mineure devra être réparée.

Concernant la fuite d’huile ou de tout autre liquide pouvant amener à un défaut critique, il s’agit d’une fuite suffisamment importante pour mettre en cause votre sécurité voire la mise en danger de la vie d’autrui ! Un cas rarissime qui peut concerner l’huile moteur, de boîte à vitesse ou le liquide de refroidissement, des liquides rendant la chaussée très glissante en particulier pour les deux roues.

Coté tarifs ?

Voici un exemple actuel de grille de tarifs CT ou celui du camping-car est de 80 € comme pour les 4×4.

Autre précision, le nombre de points contrôlés passant de 123 à 133 en VL, soit 10 de plus seulement, on estime que la durée du contrôle, 40 minutes moyenne, va augmenter de 15 % en moyenne, surtout lors de sa mise en place. Logiquement, les tarifs devraient augmenter aussi de la même valeur selon la politique commerciale de votre contrôleur technique. En effet, les tarifs ne sont pas réglementés et restent en libre concurrence.

Ainsi, le tarif moyen d’un contrôle technique étant actuellement de 65 €, on peut s’attendre à une facture maximale de moins de 80 €.

En cas de contre-visite, actuellement facturée à 14 € en moyenne voire gratuite, la loi de la concurrence fera la différence…

Ce contrôle technique renforcé donnera lieu à un nouveau compte rendu (PV) avec en conclusion un véhicule déclaré avec un avis favorable si aucune défaillance majeure ou critique n’existe.

Et ensuite ?

Au 1er janvier 2019, le contrôle de la pollution des VL ou PL sera plus précis au niveau du protocole de l’essai mais pas plus sévère sur les seuils à respecter. Le but étant de repérer les véhicules très encrassés car mal utilisés sur de petits parcours urbains à froid et de surcroît, mal entretenus.

Ce contrôle est déjà possible selon les centres mais pas obligatoire.


4 questions à Jean-Marc Belheure

M.Jean-Marc BELHEURE
Responsable produit Formations Techniques GNFA

M.Alias, ECC : Qu’implique cette nouvelle directive pour les camping-caristes ? 

Belheure : «  Une mini-révolution vu qu’elle définit une défaillance majeure s’il existe une « Modification nécessitant une mise en conformité par rapport aux données du document d’identification (cf : 0.4.1.c.2) ».En clair, cela implique désormais que l’usage réel du véhicule corresponde bien au type déclaré sur la carte grise, cela s’adresse donc aussi aux vans aménagés par des particuliers. Une information peu médiatisée car elle ne touche que les Camionnettes aménagées en camping-cars ! »

ECC : Pourriez-vous nous en dire plus ?

Belheure : « Lors du contrôle technique renforcé, un van ne sera plus accepté avec sa carte grise d’origine de camionnette donc avec le type CTTE. A partir du 20 mai 2018, il faudra effectuer une certification de conformité chez Véritas par exemple, une réception à titre isolé (RTI) à la DREAL et enfin une modification de la carte grise pour passer au type VASP (Véhicule Automobile Spécifique) caravane. »

ECC : Pourquoi cette mesure supplémentaire ? 

Belheure : Si la procédure est payante, le certificat de conformité est définitif et garanti un aménagement fait dans les règles de l’art. Ainsi, les organismes de certification éliminent certains bricolages dangereux côté gaz, électricité et chauffage principalement. »

ECC : Quelles seront les modalités de ce contrôle en pratique ?

Belheure : Sachant que la conformité et la RTI ne portent que sur des équipements fixes, tous les éléments démontables sans traces en sont exclus, puisque absent ! On peut donc se contenter d’un aménagement amovible pour conserver la carte grise d’origine en CTTE voire VP ou VU.


Remerciements :

Contrôle Auto 34

Parc Clément Ader – 12, rue Louis Bréguet – 34160 JACOU

Tel : 0467671717 – courriel : contact@autocontrole34.com

Site web : www.controle-technique-jacou.com

 

 

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2 réponses

  1. Dominouche dit :

    Une autre version:
    Tout porte à croire que la liste des équipements est cumulative. En d’autres termes, si un des éléments vient à manquer, le véhicule ne pourra pas être considéré comme une autocaravane lors du contrôle technique et restera donc identifié en CTTE (camionnette) ou VP (véhicule particulier). Les aménagements partiels vont donc échapper à la contre-visite, comme nous le précise Jacques Guillermin, vice-président national du contrôle technique au CNPA. « Nous ferons une application stricte des textes. Si un des quatre éléments constitutifs d’une autocaravane fait défaut, ou s’il est amovible, on ne pourra pas considérer qu’il s’agit d’un fourgon aménagé en camping-car. Ni plus, ni moins. Il faut rassurer les gens ».

    Le contrôle technique sera aussi l’occasion de vérifier la parfaite fixation de certains équipements, comme le réservoir d’eau sous le châssis ou le montage des baies à la carrosserie. « Ils ne doivent pas risquer de tomber sur la route et provoquer un accident ». Le contrôle technique n’entend pas non plus se substituer aux Dreal et aux bureaux de certification. « On ne vérifie pas la conformité des installations de gaz, quelles qu’elles soient. Ce n’est pas notre métier » poursuit Jacques Guillermin.

    Tout cela devrait rassurer les particuliers ayant réalisé un aménagement « camping-car ». Il reste encore des situations ambiguës qui mériteront d’être éclaircies dans les prochaines semaines. Qu’en sera-t-il notamment des fourgons aménagés d’origine identifiés en VP ? En particulier certains modèles anciens de VW California ou de Mercedes Marco Polo.

    On n’est pas non plus à l’abri de situations délicates, à l’image d’un fourgon aménagé (CTTE sur la carte grise) refusé au contrôle technique, alors même qu’il ne pouvait pas bénéficier d’une réception en VASP Caravane faute d’avoir une cuisine complète avec un réchaud et un circuit de gaz permanents.

    En cas de doute, il ne faut pas hésiter à anticiper le contrôle technique et se rapprocher de la Dreal la plus proche afin de lui exposer vos interrogations.

    Voir là: https://www.fourgonlesite.com/actualite-fourgon/11954-controle-technique-fourgons-amenages/

  2. Blot dit :

    Bonjour,
    j’avais aménagé un Renault master avec un bloc cuisine amovible constitué d’un évier et d’un réchaud 2 feux camping-gaz ; le couchage était constitué d’ un battant de lit qui était fixé sur un côté .Lors des contrôles techniques j’enlevais bien-sur le bloc cuisine amovible, mais je laissais le battant de lit ( une planche de contre-plaquée de 1,80mx1,30m fixée à la base par des charniéres et retenue en position fermée par 2 verrous, avec un matelas de
    5cm d’épaisseur.Pendant des années je n’ai jamais eu de remarque de la part du centre de CT (j’allais toujours chez le même) sauf au dernier contrôle en 2014 avant la mise en vente du véhicule était noté “véhicule non conforme à la carte grise” quelle ne fut pas ma stupéfaction; le contrôleur justifiait cela par la présence d’un lit ( rabattable). je lui faisait remarquer que la loi stipulait le changement de carte grise que dans le cas d’installation de gaz (cuisine) et de chauffage fixe; il n’a voulu rien entendre.
    Ma question est donc la suivante:
    Je pense que c’est un abus de pouvoir et donc quel recours est-il possible dans ce cas .
    Après la vente de ce Renault j’ai acheté en toute confiance un camping-car d’occasion chez un concessionnaire; j’ai eu tort je n’ai eu que des problèmes.
    Celui-ci vous livre le CC. contrôle technique réalisé ; hic ;2 ans après au CT suivant on m’annonce une corrosion multiple sur le paragraphe Infrastructure et soubassement plus amortisseur:( y compris encrages) protection défectueuse .Ce qui n’avait pas été signalé par le vendeur !! était-il de mèche avec le Centre de CT. ?
    Je me demande ce qu’adviendra mon CC. lors des prochains CT.
    Merci pour vos éclaircissements

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